Qu'est-ce que la méthode alarm ?

Qu’est-ce que la méthode ALARM ?

ALARM est l’acronyme pour « Association of Litigation And Risk Management ». Il s’agit d’un outil pour analyser des événements indésirables, et plus précisément d’une méthode d’analyse systématisée des événements indésirables. C’est d’ailleurs devenu une référence pour l’analyse des causes en santé mais elle peut s’adapter à d’autres situations.

Quels sont les principes et les objectifs de la méthode ALARM ?

Développée par Charles Vincent et son équipe, puis publiée en 1998, la méthode ALARM est très fortement inspirée du modèle Reason, qui aide à comprendre pourquoi les accidents surviennent et met en lumière la complexité des relations de cause à effet. La méthode ALARM est beaucoup utilisée dans le milieu hospitalier, puisque le groupe de recherche à l’origine de cette méthode a adapté les techniques utilisées dans l’industrie au système hospitalier.

Elle va plus loin dans l’analyse d’un dysfonctionnement et permet de traiter les causes profondes et latentes d’un événement, afin d’éviter de donner une explication trop simpliste, qui ne reposerait que sur les erreurs des individus. A travers cette méthode, il est possible de mettre en avant les défauts du système qui sont à l’origine d’accidents pour ensuite proposer des recommandations ainsi que des mesures correctrices à mettre en place.

C’est donc l’outil idéal pour analyser un événement indésirable grave (EIG), un événement indésirable associé aux soins (EIAS) ou un événement porteur de risque (ERP).

Les objectifs de la méthode ALARM

La méthode ALARM à plusieurs objectifs :

  • Favoriser une démarche collective d’analyse structurée afin de rechercher les causes apparentes, mais aussi les causes plus profondes aussi appelées «  causes racines » ;
  • Détecter les défauts du système et mettre en lumière la responsabilité des facteurs organisationnels et non pas des individus lorsqu’une erreur est commise ;
  • Proposer des mesures correctives pour améliorer la situation.

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Les grands principes

Cette analyse systémique des événements indésirables repose sur 3 grands principes :

  1. Elle part du postulat qu’un opérateur/ technicien fait forcément des erreurs : ce sont les erreurs visibles dites « patentes » ;
  2. La sécurité repose sur des procédures organisées qui sont pensées pour réparer les erreurs des opérateurs. C’est l’assemblage de toutes les procédures qui permet de bloquer et éviter la propagation des erreurs dans le système. On parle de « défenses en profondeur » ;
  3. La façon dont est organisé le travail et sa gouvernance par la hiérarchie va avoir un impact sur la fréquence des erreurs des opérateurs. Les dysfonctionnements à ce niveau ne sont pas visibles : ce sont les erreurs « latentes ».

Quelles sont les différentes étapes de la méthode ALARM ?

La mise en œuvre de la méthode ALARM repose sur plusieurs grandes étapes.

Une reconstitution chronologique des faits

Cette première étape permet de comprendre la situation. Il s’agit d’étudier les documents  disponibles et de réaliser des entretiens avec les personnes directement concernées, afin de retracer les évènements. Cela se fait dans un contexte non sanctionnant et non hiérarchique.

Recherche des causes immédiates

Il s’agit ici d’identifier les causes « patentes » en lien avec l’incident survenu. Dans le cadre d’un soin par exemple, cela peut être lorsqu’un professionnel de santé oublie de communiquer un résultat ou ne prend pas le bon tube pour une prise de sang.

Recherche des causes plus profondes  / analyse des facteurs favorisants

C’est cette étape qui fait la force de la méthode ALARM. Elle repose sur une analyse systémique, réalisée collectivement avec l’ensemble des professionnels concernés par l’événement. On recherche les facteurs favorisants, qui sont répartis en 7 catégories dans ce que l’on appelle la grille ALARM :

  1. Facteurs liés au patient 
  2. Facteurs individuels directement liés aux acteurs 
  3. Facteurs liés au fonctionnement de l’équipe 
  4. Facteurs liés aux procédures opérationnelles
  5. Facteurs liés à l’environnement de travail
  6. Facteurs liés à l’organisation et au management
  7. Facteurs liés au contexte institutionnel

La grille ALARM, une méthode d’évaluation des risques largement utilisée dans divers domaines, offre une approche systématique pour identifier, évaluer et gérer les risques. La grille ALARM permet de classer les risques en fonction de leur probabilité et de leur gravité. En utilisant cette grille, les professionnels peuvent prendre des décisions éclairées sur les mesures à prendre pour atténuer les risques identifiés, ce qui contribue à renforcer la sécurité et à prévenir les incidents indésirables.

En résumé, la grille ALARM offre un cadre précieux pour évaluer et gérer efficacement les risques, garantissant ainsi des environnements plus sûrs et plus sécurisés.

Rédaction d’une synthèse avec proposition d’actions d’amélioration

Rédiger une synthèse est utile pour la personne qui mène l’investigation, mais également pour toute l’organisation. Ce rapport doit proposer des mesures correctives qui visent à prévenir la répétition de cet événement indésirable. Toutes les actions ne pourront pas être mises en place en même temps, il faut donc les prioriser en fonction de la faisabilité, la pertinence et de leur impact d’amélioration.

Quels sont les avantages et inconvénients de cette méthode ALARM ?

La méthode ALARM permet de retrouver les erreurs latentes de l’organisation. L’apprentissage de cette méthode est rapide et le résultat est le plus souvent assez explicite. Elle reconstitue les faits de manière chronologique et le traitement de l’événement se fait en tenant compte de toutes les causes possibles.

Mais la méthode a aussi ses limites :

  • Il n’y a pas de hiérarchies dans les 7 facteurs ;
  • Le modèle a été pensé d’abord pour les activités cliniques en établissement de santé ;
  • Les actions proposées sont parfois difficiles à appliquer, notamment lorsque ça concerne les erreurs latentes.*

Pour conclure,

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